‪Recherche en cours : l’AR et la VR pour améliorer notre réalité

Recherche en cours : l’AR et la VR pour améliorer notre réalité

Encore inimaginable il y a 20 ans, l’usage de la réalité augmentée (AR) et de la réalité virtuelle (VR) s’est depuis largement démocratisée grâce aux dernières évolutions technologiques et, surtout, à des chercheurs qui imaginent sans cesse de nouvelles évolutions et applications. C’est d’ailleurs la spécialité de 3IE, le laboratoire d’innovation numérique de l’EPITA.

 

En marge du nouvel épisode vidéo de la série « Recherche en cours, EPITA Laboratoire d’innovation » consacré au projet Flowell AR réalisé par 3IE avec le Spot Bouygues pour le compte de Colas afin de faciliter la diffusion Flowell, sa solution de marquage au sol lumineux actif, deux membres du laboratoire ont accepté de dévoiler les coulisses de leur quotidien : Benoit Verdier, directeur technique du laboratoire et Alexandre Chabroux (EPITA promo 2022), étudiant en 5e année et membre du pôle 3D de la structure. L’occasion d’en savoir plus sur ces innovations avant d’être aspiré pour de bon dans le métavers !

 

 

 

Comment définir ce qu’est Flowell AR ?

Benoit Verdier : Il s’agit d’une application en réalité augmentée qui permet à notre client, Colas, de mieux présenter la valeur ajoutée de son produit, en l’occurrence un marquage au sol destiné aux villes qui aide les usagers à mieux visualiser cette signalétique. En effet, les marquages au sol standards comme les passages piétons ou les pistes cyclables sont habituellement d’une couleur neutre et pas toujours visibles du plus grand nombre. Pour répondre à ce problème, Colas a voulu développer un marquage au sol incorporant des diodes. Nous avons donc travaillé sur cette application en réalité augmentée pour, en utilisant une tablette, permettre à Colas de simuler et visualiser ce qu’apporterait ce nouveau marquage. L’application inclut tout le catalogue de composants et permet ainsi à l’utilisateur sur le terrain de faire apparaitre ceux de son choix et de les configurer – taille, inclinaison, espacement des bandes, quantité, vitesse de clignotement, couleurs… Évidemment, pour parvenir à ce résultat, nous nous sommes intéressés à l’ensemble de la création de l’application en commençant par des interviews clients et de la réflexion d’interface jusqu’à la réalisation, incluant toutes les étapes techniques – choix d’interfaces, performances…

 

En quoi cette application se veut-elle innovante ?

Benoit Verdier : Même si on a tendance à la voir de plus en plus souvent, la technologie de la réalité augmentée est encore assez récente et elle n’est pas si souvent utilisée pour la réalisation d’application dédiée à une entreprise. En général, le grand public a une image de la réalité augmentée similaire à celle d’un gadget, comme lorsque, par exemple, les marques de céréales vous permettent de faire ressortir en relief leur mascotte de la devanture du paquet en utilisant votre smartphone. Pourtant, cette technologie peut être source d’une forte valeur ajoutée et c’est ce que nous avons cherché à démontrer avec cette application. Le défi était vraiment de pouvoir produire une appli capable de manipuler facilement toute la complexité de la gamme proposée par le client. Sans une telle application, pour atteindre ce niveau aussi réaliste de simulation, il faudrait faire appel à un infographiste pour récupérer des images de chaque terrain, puis calibrer chaque composant pour les coller exactement au sol avant d’ensuite attendre un certain temps pour obtenir les rendus. Là, grâce à ce projet, n’importe quel commercial peut se rendre sur place et immédiatement placer les composants pour montrer aux collectivités l’intérêt du produit ! C’est un gain de temps conséquent.

 

 

Ce projet colle donc assez bien avec la mission initiale de 3IE, non ?

Benoit Verdier : Effectivement ! Notre laboratoire s’intéresse principalement à la recherche dans les usages et à l’utilisation de la technologie, plutôt qu’à revoir la manière dont sont faits les fondamentaux techniques. Cela se traduit par le fait de ne pas chercher de nouvelles manières pour détecter telle ou telle chose, mais de développer à la place des applications en partant toujours de l’usage. C’est comme ça qu’a pu développer ce projet, en échangeant d’abord avec Colas sur la finalité du produit, le quotidien de leurs employés, la problématique abordée et, aussi, le profil des futurs utilisateurs. Il fallait pouvoir proposer une solution fiable, pratique et facile d’accès à des personnes pas forcément familières de la réalité augmentée ni habituées à utiliser une tablette tous les jours et encore moins sur le terrain.

 

Quelle est votre définition de la recherche ?

Benoit Verdier : Parce que l’informatique est passionnante et continue à beaucoup se développer, nos métiers chez 3IE consistent à rechercher un usage pratique à ces technologies encore nouvelles. On peut vraiment voir ça comme le fait d’opérer la transition numérique et de s’ouvrir un chemin vers une nouvelle ère.

Alexandre Chabroux : Pour moi, la recherche est une volonté de faire les choses différemment. Cela ne signifie pas forcément de tout revoir, ni de tout révolutionner, mais de changer un peu pour les améliorer. C’est se poser les bonnes questions pour trouver de nouvelles pistes à explorer et de trouver de meilleures directions pour avancer. D’ailleurs, si je devais conseiller un étudiant qui hésiterait à rejoindre un laboratoire de l’EPITA ou une équipe de recherche, je lui dirais de foncer car, personnellement, cela m’a permis de vraiment découvrir un nouveau monde et de changer complètement ma vision du métier d’informaticien. Dans le pôle 3D, nous sommes amenés à réaliser des applications utilisant soit la VR ou l’AR, et en tant qu’étudiant, cela permet d’être au contact de professionnels et de différents métiers – des développeurs, bien sûr, mais aussi des modeleurs, des designers, des artistes, des chefs de projet… J’emmagasine de l’expérience auprès d’eux pour enrichir ma vision du monde de l’informatique. Surtout, travailler sur la 3D a été une révélation : avant de rejoindre 3IE, je ne connaissais pas du tout ce domaine, et maintenant, je sais que c’est dans ce domaine que je veux continuer. J’ai trouvé ma voie ici !

 

Justement, Alexandre, avant d’intégrer l’EPITA, imaginais-tu pouvoir travailler au sein d’un laboratoire comme 3IE ?

Alexandre Chabroux : Pas du tout ! Pour être honnête, avant de rejoindre l’EPITA, je voulais devenir architecte ! Je suis arrivé à la programmation au lycée quand j’ai commencé à programmer sur ma calculatrice lors de mon année de première. C’était au départ juste pour passer le temps, mais je me suis vite rendu compter que ça me plaisait énormément. En terminale, j’ai alors choisi la spécialité informatique et je suis resté dans cet univers par la suite. Pour autant, ce n’est qu’en 3e année que j’ai commencé à envisager la possibilité de rejoindre les équipes de 3IE.

 

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Comment cela ?

Alexandre Chabroux : Cela s’est fait en deux temps. En effet, lors de cette fameuse 3e année du cursus, les laboratoires de l’école en profitent pour nous présenter leurs activités et nous proposent de postuler pour les rejoindre. À ce moment-là, j’étais déjà intéressé, mais j’ai préféré passer la main de peur de compliquer mon année en cumulant cours et travail en laboratoire. Cependant, l’idée me restait en tête et quand, à la fin de cette même année, j’ai vu une offre de stage proposée par 3IE, j’ai tenté ma chance et j’ai été pris. Et après mon stage, ils m’ont proposé de rester en parallèle de mon cursus. De fait, aujourd’hui, je travaille essentiellement sur le développement de composants d’applications, mais ça englobe beaucoup de choses : cela peut-être du gameplay en VR pour coder l’interaction avec un objet ou un bouton, de la création d’interfaces… Pour l’application du projet porté par Colas, mon rôle portait sur la partie liée à l’affichage et au dimensionnement de composants techniques à replacer. Ainsi, lorsque l’utilisateur souhaite simuler la pose d’un passage piéton sur la voirie, il peut moduler facilement le passage, l’application recalculant automatiquement sa hauteur, sa taille, son inclinaison, etc.

 

Permettre à des étudiants d’évoluer en laboratoire, c’est un plus pour les futurs ingénieurs comme les chercheurs ?

Benoit Verdier : Bien sûr ! D’ailleurs, travailler dans un laboratoire d’une école d’ingénieurs comme l’EPITA représente, déjà, un grand avantage pour moi : je ne périclite pas ! C’est un environnement qui vous donne accès aux nouvelles technologies, vous permet de vous y intéresser… et c’est aussi un lieu de partage. Au contact des étudiants, vous vous confrontez à des regards nouveaux sur l’utilisation de ces technologies et découvrez de nouvelles possibilités : vous n’êtes jamais enfermé dans une routine, une seule manière de pensée. C’est forcément stimulant des deux côtés !

Alexandre Chabroux : Je suis d’accord. Ce que je fais en laboratoire, je ne le fais pas en dehors ! En effet, tout ce qui 3D, AR, VR, les outils et technologies associés, on n’y a pas forcément accès en étant qu’étudiant. En plus de ces aspects, l’autre intérêt de travailler au sein du labo réside dans l’exploration de nouveaux sujets et, surtout, le fait de pouvoir côtoyer des compétences différentes sur les projets. C’est aussi très professionnalisant et enrichissant car notre travail doit, en plus d’être performant techniquement parlant, également satisfaire un véritable client. Ce sont des contraintes et des exigences différentes d’un projet étudiant !

 

 

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