Cyberdéfense : Washington dénonce Pékin

Lors d’une interview accordée à la chaîne d’information ABC News le 13 mars, le président américain Barack Obama a clairement affirmé que son pays était victime de cyberattaques, certaines commanditées par des groupes terroristes, d’autres soutenues directement par des états. La Chine a été clairement désignée comme l’un d’entre eux.

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La cyberdéfense, nouveau fer de lance de l’administration Obama

Il y a un mois déjà, lors du discours sur l’état de l’Union (discours annuel durant lequel le président des Etats-Unis annonce les grandes lignes de la politique exécutive de l’année à venir), Barack Obama avait désigné les attaques cyber comme l’une des plus importantes menaces pesant sur le pays, après Al-Qaida et le régime iranien. Cependant, cette nouvelle annonce est un nouveau pas en avant dans la cyber-guerre qui oppose les Etats-Unis à des ennemis moins visibles et identifiables que sur les champs de bataille.

Au cours des derniers mois, les autorités américaines ont répété à multiples reprises leur préoccupation face à l’intensification de ces cyberattaques. Dernièrement, James R. Clapper Jr., directeur du renseignement national, s’inquiétait d’une cyberattaque imminente si massive que des services essentiels du pays (transports, énergie…) pourraient être durement et longuement touchés. Depuis 2002, c’est l’une des rares fois où le terrorisme international n’est pas considéré comme la première menace pesant sur les Etats-Unis.

Et en France ?

La cyberdéfense est également au cœur des préoccupations stratégiques de la France. Depuis les attaques subies par le ministère de l’économie et des finances en 2010, les ministères de la défense et de l’intérieur ont renforcé et renforcent leurs dispositifs de lutte contre la cybercriminalité. De la sécurisation des paiements en ligne à la lutte cyber contre les états voyous, la France déploie un arsenal de mesures contre ces attaques de plus en plus intenses et fréquentes.

« Depuis quelques années, les attaques informatiques visant à nuire les états se sont multipliées, souligne Lionel Auroux, directeur du Laboratoire Système de l’EPITA (LSE). Les gouvernements se mobilisent de plus en plus sur les questions de cybersécurité et, si le grand public peut avoir l’impression qu’il s’agit d’un travail dans l’urgence, les équipes travaillent sur le fond. C’est pour ça que des structures comme l’ANSSI ou la DCRI ont été réformées récemment. »


Lionel Auroux, directeur du LSE : « L’EPITA s’est également engagée depuis longtemps dans la cybersécurité, que ce soit par le biais de la majeure Systèmes, Réseaux et Sécurité (SRS) ou par le LSE. Au sein du laboratoire, nous proposons une pédagogie alternative axées sur toutes ces thématiques : nous participons à des challenges de sécurité informatique, nous avons un partenariat fort avec l’OCLCTIC, nous travaillons avec des éditeurs de logiciels de cybersécurité… Il s’agit d’un travail de fond sur le long terme, vaste mais également très spécialisé. Aussi, en sortant de l’EPITA, tout étudiant sera donc informé a minima sur ces questions (grâce au tronc commun). Avecà la majeure SRS et plus encore avec le LSE, les étudiants et étudiantes férus de sécurité seront formés au mieux dans ce domaine et pourront envisager de participer à cet effort politique de cyberdéfense. »

Dans ce cadre, l’EPITA organise régulièrement des conférences sur ces thématiques, comme TIC et Géopolitique, dont la prochaine édition aura lieu le 18 mars.