Journée de la cyberdéfense à l’EPITA

Jeudi 14 février, s’est tenue la journée de la cyberdéfense, organisée par le ministère de la défense. L’EPITA était la première école d’ingénieurs à accueillir cet évènement, amené à se répéter dans d’autres établissements. L’objectif de la journée était, par le biais de conférences, de témoignages et d’ateliers, de sensibiliser les étudiants de l’école aux problématiques de cybersécurité et de leur montrer que les attaques contre un pays pouvaient également prendre la forme de cyberattaques. Aussi, le ministère de la défense et les différents corps de l’armée française ont-ils un besoin croissant en ingénieurs qualifiés, spécialisés dans la sécurité informatique.

L’EPITA, impliquée dans la cybersécurité

Le contre-amiral Jean-Luc Coustillière (officier général cyberdéfense à l’état-major des armées), le colonel de réserve Luc-François Salvador (coordinateur national de la réserve citoyenne cyber) et Sébastien Bombal (responsable de la Majeure système, réseau et sécurité – SRS de l’EPITA et réserviste) étaient à l’origine de cet évènement. Le choix de l’EPITA comme établissement test n’était pas un hasard. Comme l’a rappelé Joël Courtois, directeur général de l’école, en introduction de la journée, la sécurité informatique est au cœur de la formation proposée par l’EPITA, notamment avec la Majeure SRS.

cyberdefense02.jpgIntervention du contre-amiral Coustillière

La cyberdéfense recrute

Le contre-amiral Coustillière a pris la parole. Depuis 2010 et les attaques informatiques contre le ministère de l’économie et des finances, la France a pris conscience de sa fragilité face aux cyberattaques. Cela a conduit à la refonte de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et à son développement. Ainsi, plusieurs corps spécialisés dans la défense cyber ont été mis en place et sont consolidés dans les différents corps de l’armée française. Plusieurs centaines de recrutements sont prévus d’ici la fin de la décennie, dans tous les métiers de la sécurité informatique.

Comme l’a ensuite rappelé le colonel de réserve Salvador, en moins de dix ans, les attaques informatiques contre les institutions administratives ou les services économiques se sont intensifiées, avec une véritable intention de nuire. Les conflits armés aujourd’hui sont systématiques accompagnés d’attaques cyber, capables d’immobiliser navires, avions ou chars en mouvement, ou d’entraver les ressources économiques d’un belligérant. Les étudiants en informatique, futurs responsables en sécurité de système d’information, constituent donc la réponse aux attaques de demain.

cyberdefense03.jpgPrise de parole du colonel de réserve Salvador

Des témoignages et des ateliers pour susciter les vocations

Les interventions ont ensuite consisté en des témoignages directs de responsables en systèmes d’information de la Marine, de l’Armée de Terre, de l’Armée de l’Air, des commandos, des renseignements ou encore de l’armement. Revenant sur leur parcours, les impératifs SI relatifs à la défense et les opportunités qu’offrent leur travail, chaque interlocuteur s’est efforcé de rendre la notion de guerre et de sécurité informatique dans un cadre géostratégique moins obscure. La deuxième partie de la journée était consacrée à des ateliers et entretiens où les étudiants ont pu évaluer leur potentiel d’adhésion dans l’armée même ou dans le corps des réservistes.

La cyberdéfense est un sujet sensible dans lequel les étudiants, notamment de l’EPITA, ont une carte à jouer, en particulier avec la création prochaine d’un nouveau corps de réservistes spécialisés sur le sujet.