e-G8 : A quoi ressemblera l’Internet de demain ? L’EPITA était présente sur le forum

2eG8forum.jpgL’événement, qui réunissait les grandes personnalités de la planète web, s’est tenu aux Tuileries à Paris, les 24 et 25 mai dernier. Décryptage.

Mark Zuckerberg (Facebook), Eric Schmidt (Google), John Donahoe (eBay)… un certain nombre de mythes vivants, à côté d’autres acteurs de l’économie Internet étaient réunis pour la première fois à Paris pour le forum e-G8 avec la participation des politiques français Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde, Eric Besson ou encore Frédéric Mitterrand. Ils se sont réunis pour parler des grandes problématiques économiques et politiques se posant aujourd’hui au niveau du Web, un phénomène de société devenu incontournable et même essentiel. En tant qu’acteurs majeurs de la formation dans le domaine du numérique, le directeur de l’EPITA et le vice-président du Groupe IONIS faisaient partie des invités.

La rencontre, qui devait faire émerger des propositions en matière d’économie numérique à présenter au G8, a pu tracer les grandes lignes des sujets faisant actuellement débat : la problématique de la réglementation en matière de droits d’auteur, la neutralité d’Internet, la réglementation, l’élargissement au plus grand nombre de l’accès et la généralisation du haut débit. Petit passage en revue de ces questions soulevées par le forum qui joueront leur rôle dans l’avenir d’Internet.

Droits d’auteur, querelle d’anciens et de modernes ?

D’un côté l’industrie de la culture et les politiques se sont exprimés en faveur d’une meilleure régulation sur le respect des droits d’auteurs et en faveur d’une réflexion sur un élargissement des normes au niveau international ; de l’autre, certains grands acteurs se sont faits les chantres de la dérégulation au nom de la défense de la liberté d’expression qu’Internet a considérablement accrue en permettant la libre circulation des œuvres culturelles. Selon ces derniers, l’ancien système ne vaut plus et de nouvelles formes de rémunération des auteurs devraient se développer : la mutation technique entraîne nécessairement une mutation des cadres économiques, industriels et normatifs.

La neutralité d’Internet menacée ?

Qu’il s’agisse d’opérateurs de communication, de réseaux de mise à disposition de contenu (CDN) ou d’hébergeurs, les différents prestataires qui s’occupent des infrastructures d’échanges de données ont d’importants moyens de contrôle qu’ils ne doivent en aucun cas utiliser afin de favoriser ou de discriminer un utilisateur. La neutralité du Net est en effet un principe fondateur de la liberté d’expression sur Internet qui exclut toute discrimination quant à la source, la destination ou le contenu de l’information transmise sur le réseau. Cette neutralité est mise en question quand certains de ces prestataires, du type Google, se trouvent en situation de quasi-monopole dans leur domaine. Elle pose aussi la question des limites du contrôle des données imposables par les politiques.

Régulation ou autorégulation ?

D’un côté les enjeux éthiques de la régulation tels que la lutte anti-terroriste, la protection des mineurs, la protection du droit des auteurs et la lutte anti-monopoles ont été mis en évidence par les politiques, de l’autre les industriels ont évoqué le risque d’assèchement du business par une législation trop importante et la capacité des technologies à développer leurs propres moyens de contrôle. Une solution possible de compromis serait une législation plus souple sur Internet avec des révisions régulières de la loi permise par une fréquence renforcée des rencontres entre les industriels et les politiques. La mise en place du Conseil National du Numérique (CNN) par Nicolas Sarkozy ouvre la voie à ce type de fonctionnement.

L’extension d’Internet au plus grand nombre

La « 3e mondialisation » représentée par Internet demande, au nom d’un principe d’égalité, à réduire le plus possible la fracture numérique et à étendre l’accès au haut débit au plus grand nombre. C’est une problématique sur laquelle se sont accordés les différents acteurs en présence.