Logiques de réseaux

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De passage à l’école à la mi-mars pour intervenir dans le cadre la semaine « projets professionnels », qui s’adresse aux étudiants de 1ère année du cycle « ingénieur » de l’EPITA, Frank Leleu (EPITA 92), consultant chez ON-X et président de l’association des anciens de l’EPITA a bien voulu répondre à quelques questions concernant la fonction des réseaux dans la vie professionnelle ainsi que le rôle de l’association des anciens de l’école.

Comment construire son réseau ?

J’ai eu l’occasion au travers de mon parcours de tester l’importance du réseau. En effet, Epitéen de la promotion 1992, j’ai dû affronter trois grandes crises pendant mes 20 années de carrière : l’éclatement de la bulle internet en 2000, la crise des télécoms en 2002 et enfin celle, plus récente, des subprimes. Lors de ces moments difficiles, j’ai pu bénéficier du soutien de collaborateurs, d’amis, et d’anciens de l’école ayant évolué comme moi vers le secteur de l’information et des télécommunications.

Lors de mon intervention, j’ai expliqué aux étudiants qu’un réseau commence à se construire très tôt et qu’il leur fallait dès à présent former des stratégies pour le développer. Dans cet objectif, ils disposent de plusieurs outils : les réseaux sociaux comme viadeo, linkedIn, Twitter ou encore Facebook, mais également les journaux et la presse, qui sont de bons vecteurs d’information, leurs stages, leurs initiatives, l’association des anciens, et enfin et surtout leurs propres relations à garder actives.

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Quelle est l’action de l’association des anciens de l’EPITA ?

L’EPITA est à présent forte d’un réseau de 5 400 anciens, évoluant dans des secteurs aussi divers que les sociétés de service en ingénierie informatique (SSII), l’édition de logiciels, l’industrie, la banque, les télécommunications, le conseil, la construction, la distribution ou encore l’audiovisuel, à des postes de plus en plus élevés… Le rôle de l’association est de faire prendre conscience aux anciens de l’école et aux futurs jeunes anciens de l’importance de donner de leur temps au réseau. Cela se fait principalement à travers l’organisation d’événements à thématiques techniques ou bien d’événements ludiques et relationnels, la principale difficulté étant de réussir à mettre en rapport des personnes d’années et de spécialisations différentes.

L’organisation d’une soirée poker comme celle qui aura lieu le 15 avril, d’un atelier de cuisine moléculaire ou de high tech meetings sur des sujets tels que le social CRM (l’introduction des réseaux sociaux dans la gestion de la relation clients), qui intéresse beaucoup de monde, ou encore des sorties en mer pilotées par  le club voile sont des initiatives qui permettent de répondre de manière assez efficace à ces problématiques.

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Comment souhaitez-vous développer l’association ?

Plusieurs projets sont à l’étude ou sont en cours de développement : l’amélioration du taux de passage sur le site de l’association, la création de forums fonctionnant comme des lieux d’échange et de partage, la mise en place d’une adresse e-mail valide à vie pour tous les anciens, la réédition de la version papier de l’annuaire des anciens, la création d’un club « entreprendre » et d’un club « consulting ». Il s’agit au travers de tous ces projets de développer le pragmatisme des anciens et actuels étudiants, de les sensibiliser aux problématiques posées par la gestion de carrière, d’encourager les synergies entre les diplômés de l’école et de contrebalancer efficacement l’influence des réseaux d’anciens des autres grandes écoles.

Mais si l’association prend des initiatives pour développer les liens, il faut aussi que les étudiants prennent conscience que le réseau ne leur apportera quelque chose que si eux-mêmes font un effort pour apporter quelque chose au réseau. Il n’y a pas de relation possible à sens unique. Cet apport, ils peuvent l’effectuer de multiples manières : interviews d’anciens dans la newsletter des anciens par exemple, ou encore publication de livres blancs sur certains sujets utiles qui ne sont pas toujours traités en entreprise afin de se faire un début de notoriété auprès des professionnels etc. Toutes sortes d’initiatives originales peuvent être prises. J’ai ainsi l’exemple d’une étudiante qui a monté une soirée networking pour le département “Systèmes d’information et génie logiciel” (SIGL) de l’école et qui a réussi elle-même a décroché un stage grâce à cette soirée. Un réseau ne se construit pas au moment où l’on en a besoin, mais bien avant.

www.epita-anciens.fr