Un exemple d’innovation : Nao, le robot d’Aldebaran

Aldebaran Robotics est une société fondée il y a 5 ans dont l’objectif est de concevoir, développer et commercialiser des robots humanoïdes et leurs logiciels, à des fins de recherche et d’enseignement ainsi qu’à des fins domestiques.

Plus de 600 Naos ont déjà été vendus dans le monde et Aldebaran apparaît à présent comme un acteur mondial important sur le marché de niche des robots humanoïdes, au point de vendre ses robots aux Japonais. « Une des grandes fiertés d’Aldebaran », se félicite Rodolphe Gelin. A côté de la mécanique et de l’électronique, la programmation est l’une des dimensions essentielles du développement du robot. Rodolphe Gelin a d’ailleurs souligné l’excellence des actuels et anciens étudiants de l’EPITA travaillant avec lui chez Aldebaran Robotics.

2aldebaran.jpgLors de la conférence, Nao, le fils prodigue d’Aldeberan, a marché, dansé, poursuivi une balle, montré son déhanché et joué au football devant des élèves amusés de l’EPITA.

Le décor est posé. Le Japon en 2050 : 30 millions de Japonais dont 11 millions d’actifs en moins et 40% de plus de 65 ans. L’exemple de la patrie des robots est représentatif de ce qui se passe actuellement dans les pays développés. Et la robotique apparaît comme une solution à la diminution relative de la population active et à son vieillissement global. Elle est donc amenée à se développer fortement dans les années futures.

Dans ce contexte, développer un robot à l’image de l’homme ne paraît pas si absurde. Les problématiques rencontrées par les développeurs de Nao ont été examinées par Rodolphe Gelin lors de son intervention.

 L’une d’entre elles est l’amélioration constante des capacités du robot dans un souci de correspondance avec l’être humain. Un enjeu important serait par exemple de faire en sorte que Nao puisse marcher selon les mêmes modalités qu’un homme. Alors qu’il marche aujourd’hui en se concentrant sur chaque pas, il devra être capable à l’avenir de marcher en étant guidé d’abord et avant tout par l’objectif de sa destination. Autre enjeu : celui de l’équilibre de Néo qui doit être conservé sur chacun de ses comportements. Une centrale inertielle, capable de rendre compte à Nao de son inclination dans l’espace, fonctionne ainsi pour lui comme une oreille interne. Enfin, la capacité à cartographier un lieu étranger et en reconnaître les formes avec précision constitue une autre orientation du développement du robot.

Une seconde problématique est l’amélioration constante du robot en fonction des insatisfactions éventuelles exprimées par son utilisateur. Les limites de l’usage possible de Nao et la définition de sa fonction demandent à être précisées dans ce cadre. Nao, en tant que robot humanoïde, a un potentiel d’action important, mais il sera en revanche moins performant sur chaque application possible qu’un robot spécialisé dans la fonction correspondante. Une idée intéressante serait de faire fonctionner Nao à la manière d’un intendant, d’un chef d’orchestre capable de collaborer avec des robots intelligents et de servir d’interface entre l’utilisateur et les robots de la maison. Autre enjeu lié à cette problématique: réussir à rendre Nao le plus résistant possible et faire en sorte qu’il résiste sans se casser à des milliers de chutes.

Dernière problématique : la question des différentes applications possibles de Nao. Une idée intéressante serait que les clients d’Aldebaran, à l’heure actuelle des chercheurs pour la plupart, deviennent aussi des fournisseurs d’applications, ce qui permettrait d’enrichir constamment une banque de comportements pour Nao.

Au-delà de ces développements, une question éthique se pose, sans doute plus éloignée des préoccupations immédiates des chercheurs : comment faire acquérir à Nao la capacité de distinguer le bien du mal ? Une problématique qui n’est pas sans rappeler le dilemme posé par l’intelligence de l’ordinateur HAL dans le film « 2001, l’Odyssée de l’Espace ». Et si Nao surpassait l’homme d’ici 2050 ?