Dorian Corompt, 5 mois de stage à Tokyo.

Dorian Corompt, 21 ans, est en 4e année à l’EPITA en option Génie Informatique des Systèmes Temps Réel (GISTR). Il revient de six mois au Japon, dont cinq mois de stage. Il nous livre ses premières impressions : décalage culturel, surprises technologiques : rien ne vaut un long séjour sur place pour mieux comprendre les enjeux professionnels.

"Je suis parti à Tokyo avec la ferme intention de dégoter un stage : je m’étais donné un mois sur place pour trouver un terrain en adéquation avec ma formation et mes envies. J’avais envoyé énormément de CV et de lettres de motivation depuis Paris, mais j’avais peu de retours car ils étaient rédigés en anglais. Les rares retombées provenaient de mes courriers en japonais : on me convoquait pour le lendemain ! C’était productif mais pas très réaliste tant que je résidais encore sur Paris. J’ai rapidement pris conscience que les stages de terrain ne manqueraient pas et qu’il fallait me lancer à l’eau, sur place.

4.JPGJ’ai trouvé une famille d’accueil à Tokyo, sur le web. Je voulais restreindre à tout prix mes dépenses d’hébergement. L’un des membres de la famille travaillait chez Fujitsu, première entreprise de service informatique au Japon, il m’a donc aidé à y voir plus clair dans le secteur.

J’ai choisi une petite entreprise : Design One Japan  ( 株式会社デザインワン・ジャパン ). J’étais rémunéré 90 000 yens soit 750 euros assortis d’un bonus de 200 euros, un plus non négligeable dans l’une des villes les plus chères au monde. On me fournissait le matériel informatique (ordinateur portable) et puisque la compagnie vendait de la nourriture en ligne, j’avais régulièrement des stocks de nourriture offerts ou des dîners au restaurant. Je m’en suis donc sorti plus que correctement !

Au quotidien, mon travail consistait à améliorer les sites web existants (http://www.ekiten.jp/; http://www.shinamaru.com/). Je travaillais de 9h30 à 18h ce qui est très correct, mais le temps de transport à Tokyo peut grimper jusqu’à deux heures pour rentrer le soir chez soi : les lignes sont bondées. J’ai été assez surpris par les coutumes professionnelles au Japon. Chaque matin, tous les salariés se réunissent entre eux et parlent pendant quinze minutes de leur vie personnelle afin de renforcer la solidarité. Nous parlions de choses positives ou de "bonnes nouvelles", les collègues évitaient les sujets qui fâchent. Ensuite nous récitions les règles internes à l’entreprise, règles de politesse notamment. Par exemple, lorsqu’un client passe le pas de la porte, à son arrivée et à son départ, nous avons des phrases toutes faites obligatoires. L’entreprise propose dix règles qu’il faut connaitre par cœur et réciter au besoin.

10.JPGJ’ai été surpris par la vente en ligne au Japon : les clients sont friands des marchés de niche, hyper pointus. J’ai énormément appris des soirées avec mon patron et mes collègues, le soir, après le bureau lorsque nous partons boire un verre ensemble et parlons de tout.

Techniquement, j’ai été surpris par le niveau en informatique sur place. Les Japonais sont bons en hardware mais passables en software. Ils utilisent des technologies un peu dépassées et de plus ils ont énormément de difficulté avec l’anglais. Le langage de programmation étant l’anglais…J’ai beaucoup donné de cours de technologies : mes collègues avaient l’habitude d’utiliser des frameworks ou des codes sources créés dans d’autres pays qu’ils traduisent en japonais plutôt que de repartir de zéro."