Perdre 4000 clefs par an ou pas.

 Benjamin Lacroix, Simon Radié et Olivier Leplus sont tous trois élèves de troisième année à l’EPITA. Ils ont choisi de se lancer dans un projet libre entrant dans le cadre des études et mené par les élèves de la création à l’aboutissement, après validation par l’administration.

Benjamin Lacroix : “ Nous avons voulu démontrer que les projets libres à l’EPITA, ce ne sont pas seulement des sites webs ou des projets qui nous stimulent pour des raisons personnelles, comme un hobby. Bien sûr l’intérêt personnel pour un sujet qui nous touche peut donner de bons résultats mais les projets sont aussi une excellente occasion de démontrer nos futures compétences d’ingénieur auprès d’entreprises qui ont parfois un véritable problème.

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Nous avons ainsi rencontré un entrepreneur, loueur de véhicules de chantier, avec une réelle problèmatique sur sa flotte de véhicules. Actuellement il n’existe qu’une seule méthode pour accéder aux engins de chantier : une clef universelle ouvre les portes de tous les modèles et elle permet de démarrer tous les véhicules. C’est un système pratique car énormément de clefs sont perdues durant une année (+ de 4000 !), il n’y a donc qu’à "en prendre une nouvelle dans le stock". Mais c’est un système fragile car n’importe qui trouvant une clef peut démarrer un engin.

Nous avons donc identifié auprès de l’entreprise un double besoin : éviter une utilisation intempestive de la machine par un intrus et connaître en temps réel l’identité du travailleur autorisé à conduire l’engin sur une journée. On ne peut plus échanger son poste de travail : seul le conducteur autorisé à conduire un véhicule emprunte ce véhicule, et pas un autre.
De plus, certains véhicules nécessitent un permis de conduire spécial : il n’est pas rare de trouver un conducteur non formé au volant. Imaginez les risques potentiels pour l’entreprise qui loue le véhicule, qui est donc de fait responsable de la location. Cette tracabilité humaine induit une responsabilisation des actes professionnels : le dernier à rendre le véhicule le remet à charger pour la nuit, le dernier à garer le véhicule le laisse au bon endroit, et, enfin, la personne qui conduit est celle qui possède la carte.

Nous avons donc conçu un système qui permet une authentification par un boîtier RFID : une carte magnétique magnétique individuelle est reliée à notre serveur, cette carte n’est débloquée quotidiennement qu’au central. Seul celui qui est autorisé à utiliser un engin peut s’en servir et devient responsable de son engin pour la journée.

Nous avons présenté notre projet à des clients (des entreprises de locations) qui sont très intéressées par un investissement malgré une conjoncture pas favorable. Il y a un peu d’attentisme de leur part, ils balancent entre l’envie d’innover en réglant un problème et le souhait de ne pas se démarquer trop des autres loueurs en augmentant leurs tarifs. La rentabilité du projet est avérée du fait de la perte des 4000 clefs par an, qu’il faut refaire, à un coût certain. Nous offrons un vraie valeur ajoutée grâce à la traçabilité : le loueur sait désormais à quelle cadence ses véhicules sont loués, sur quelle période de temps dans une journée. Cette rationalisation des coûts leur permet d’offrir un contrat sur mesure aux clients, contrat adapté aux besoins réels".