Livre Blanc « Cybersécurité & Innovations » : la désinformation en question

Livre Blanc « Cybersécurité & Innovations » : la désinformation en question

Depuis 2018, les étudiants de la Majeure Système, Réseau et Sécurité (SRS) de l’EPITA profitent de chaque édition des incontournables Assises de la Cybersécurité pour réaliser un Livre Blanc présentant les dernières grandes tendances en matière de cybersécurité.

 

Nourri d’interviews de professionnels, d’infographies ainsi que de résumés de keynotes et conférencesce quatrième Livre Blanc « Cybersécurité & Innovations » fait suite à la dernière édition des Assises de la Cybersécurité (organisées à Monaco du 14 au 17 octobre). L’EPITA vous propose aujourd’hui d’en découvrir un nouvel extrait avec l’interview de Julien Nocetti, chercheur associé au Centre Russie/NEI de l‘Institut français des relations internationales (Ifri), chercheur au centre GEODE (Géopolitique de la datasphère) et enseignant-chercheur à l’académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Et si vous souhaitez consulter le Livre Blanc dans son intégralité, rendez-vous sur la page dédiée du site des Assises pour le télécharger !

Livre Blanc « Cybersécurité & Innovations » : la désinformation en question

Quels sont les risques et les menaces des manipulations de l’information ?

Julien Nocetti : Il existe plusieurs tendances dans la manipulation de l’information. Tout d’abord, il y a une « mainstreamisation » des discours, c’est-à dire une diffusion à grande échelle de discours dont le caractère manipulateur est difficile à percevoir. En France, cela se déroule sur une scène politique très polarisée dont les clivages risquent de s’accentuer. Ces informations ne proviennent pas nécessairement de l’étranger mais il y a un terreau favorable et les adversaires exploitent toutes les vulnérabilités : fragilité socio-économique, crises sociales non résolues, vieillissement de nos institutions politiques… Les risques et menaces sont donc liés à un contexte socio-politique particulier ainsi qu’aux outils numériques qui permettent d’avoir une portée immédiate, globale.

 

C’est une menace dangereuse qui sort du spectre de l’informatique. Où sont les limites ?

Julien Nocetti : C’est justement toute la difficulté derrière ce type d’actions. Les contenus deepfake –voire même, si on se place à plus long terme, le métavers – nous placent dans une dimension encore plus anxiogène. Aussi, il est difficile de savoir à qui on peut attribuer une attaque informationnelle. Sur certaines attaques pendant les élections, il y a des faisceaux d’indice très concordants mais cela ne suffit pas pour être certain de l’origine d’une attaque ou d’une opération informationnelle qui permettrait ensuite aux décideurs politiques de réagir en attribuant ou en décidant une contre-réaction.


Avons-nous les moyens de lutter contre la désinformation ?

Julien Nocetti : C’est l’un des grands enjeux de notre temps. Il y a plusieurs entreprises qui travaillent sur ces outils pour détecter des opérations informationnelles. C’est d’ailleurs une des prérogatives de l’agence Viginum qui vient d’être créée afin de détecter ce type de tendance et pouvoir les détecter à la source, voire, mieux, les anticiper.

 

Découvrez le 4e Livre Blanc « Cybersécurité & Innovations » avec l’EPITA

 

Dans les coulisses de la rédaction du 4e Livre Blanc « Cybersécurité & Innovations »