Willy Duville (EPITA promo 2009) remporte le prix de l’application grand public du concours Etalab

Grâce à son projet Medicat.io, un service Open Data lié à la santé, Willy Duville (EPITA promo 2009) fait partie des six lauréats du concours organisé en février 2015 par Etalab, le service de données publiques du gouvernement.

epita_medicat_io_projet_willy_ancien_epiteen_etalab_concours_open_data_01.jpgDu Japon et des neurosciences…
Willy Duville a un parcours professionnel atypique. Alors que de nombreux EPITéens se disent attirés par les États-Unis et notamment les sirènes de la Silicon Valley, lui regardait de l’autre côté de la carte. « Pour mon stage de fin d’études, j’étais parti au Japon, dans un centre de recherche gouvernemental japonais, le RIKEN Brain Science Institute, situé à Tokyo et j’y suis resté un peu plus d’un an pour travailler, explique l’intéressé. Je comptais vraiment essayer de découvrir quelles étaient les raisons du succès d’une culture aussi différente que celle du Japon. On a beaucoup d’informations disponibles concernant les États-Unis mais finalement pas grand-chose sur ce pays qui a longtemps été la 2e puissance économique mondiale (en 2014, le Japon reste 4e, derrière la Chine, les États-Unis et l’Inde). Je voulais donc voir cela par moi-même. » Sur place, Willy a la chance « exceptionnelle » de pouvoir évoluer au sein d’un laboratoire de recherche en neurosciences. « J’ai pu faire des statistiques ainsi que de l’intelligence artificielle, ce qui correspondait bien à ma spécialité à l’EPITA : SCIA. »

… à la finance et aux médicaments : l’EPITA mène à tout
À son retour en France en 2011, il commence à travailler dans le monde de la finance. D’abord en tant que freelance durant cinq mois pour « une entreprise assez petite mais internationale » puis au sein d’Ullink, un éditeur de logiciels pour les acteurs du monde de la finance chez qui il est encore aujourd’hui. « J’occupe le poste de R&D Engineer for Production Team – Client Operations. Je travaille du côté des services de production. Ullink vend des systèmes de trading et autres sortes de services aux banques et a plus de 200 clients, ce qui représente un taux de croissance assez important. Non seulement nous vendons les logiciels mais nous hébergeons aussi les données dans nos data centres et réalisons des opérations de maintenance. Le business étant important et les clients toujours plus nombreux, de nouveaux besoins – et donc problèmes – doivent être couverts : mon rôle, c’est de trouver toutes les solutions. C’est un métier assez transverse et intéressant. Je m’attèle à beaucoup de sujets différents. » En parallèle à son activité chez Ullink, Willy Duville continue de développer des projets personnels. L’un d’eux, nommé Medicat.io et mené avec Kévin Tan, lui a permis de remporter le prix de l’application grand public en février 2015 lors d’un concours organisé par Etalab.

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De gauche à droite : Willy Duville, Kévin Tan, Rand Hindi et la sénatrice Catherine Procaccia
Crédits Etalab. Tous droits réservés

Pourquoi avez-vous décidé de participer au concours d’Etalab ?
Willy Duville : Déjà parce que j’ai toujours entendu dire qu’on se doit d’avoir des projets personnels ! Avec Kévin, un ancien d’Ullink avec qui on partageait la passion du sport et notamment de l’Art Du Déplacement (ADD, une école fondée par une partie des Yamakisi), on a donc décidé de participer à ce concours pour se mettre un peu la pression et se challenger. Kévin avait pris connaissance de ce concours grâce à une de ses connaissances qui travaille justement à Etalab. De mon côté, je m’intéressais déjà à l’Open Data et aux initiatives de l’État faites en ce sens.

La thématique de l’Open Data touche énormément de domaines différents. Pourquoi avoir choisi la thématique de la santé ?
Pour plusieurs raisons. Mon père étant médecin, nous avions déjà pu aborder avec lui certains sujets comme le fait que les personnes qu’il reçoit arrivent chez lui avec plus de connaissances qu’auparavant car elles ont fait des recherches sur Internet au préalable. Ces connaissances peuvent être bonnes ou mauvaises mais, bien souvent, elles s’avèrent assez incorrectes. Une autre problématique soulevée était celle de la substitution d’un médicament par son générique qui pouvait induire une méfiance chez le patient. Enfin, la santé est un sujet qui m’a toujours intéressé, y compris lors de mon stage de fin d’études dans un laboratoire de recherche en neurosciences où j’ai pu suivre les protocoles et les expériences dans le but de diagnostiquer très tôt des maladies neuro dégénératives. En plus de ça, j’ai aussi quelques amis qui ont fait des études en médecine ou en pharmacie. En discutant avec eux de l’arrivée récente en France des pharmacies en ligne, cela m’a conforté dans l’idée de travailler sur cette thématique et de proposer un site de qualité avec une information claire, facile d’accès. Les problématiques étaient nombreuses et le potentiel était là.

epita_medicat_io_projet_willy_ancien_epiteen_etalab_concours_open_data_02.jpgAu final, Medicat.io permet d’obtenir les notices et voir quelles interactions sont possibles entre tel ou tel médicament. Pourquoi avoir finalement décidé de proposer ce service ?
On avait plusieurs idées au début. Après avoir regardé ce qui était faisable avec les données disponibles, nous avons décidé de proposer ces deux services en plus d’un troisième qui permet de rechercher des pharmacies « classiques » et des pharmacies de garde. Nous avons ensuite essayé d’aller le plus loin possible dans chacun de ces services, celui des « notices augmentées » étant le plus performant pour l’instant car, avec de simples notices, une fois qu’on les a croisées, on peut obtenir énormément d’informations utiles.

Est-ce que le projet va se poursuivre ?
Oui. On espère rendre le service encore plus robuste et, plus tard, rajouter encore d’autres fonctionnalités. On a quelques idées qu’on aimerait bien développer, toujours le soir et le week-end. En plus, avec la visibilité qui nous a été offerte avec le prix d’Etalab, on commence à être en contact avec pas mal de personnes et cela pourra éventuellement représenter encore de nouvelles possibilités. Ce prix nous a donné une certaine responsabilité à continuer et à pérenniser le projet. D’autant que le service est complétement gratuit et accessible pour tout le monde. Nous avons d’ailleurs récemment rencontré l’Ordre nationale des pharmaciens qui voulait en savoir plus sur nos évolutions futures et nous présenter leur travail au niveau du Dossier Pharmaceutique.

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