Le rêve américain de TextMaster à portée de main

alexandre_ponsin.jpgLe 19 novembre, la startup TextMaster a annoncé une levée de fonds de plus de 1,60 millions d’euros. De quoi permettre à cette jeune entreprise de poursuivre sa croissance et d’établir un bureau à New York. Alexandre Ponsin (EPITA promotion 2005 spécialisation Systèmes d’Information et Génie Logiciel), co-fondateur et CTO de TextMaster, revient sur cette success story.

Pouvez-vous présenter TextMaster ?

TextMaster est une place de marché mettant en relation des clients ayant des besoins liés au texte (rédaction, traduction ou correction) et des auteurs potentiels capables de répondre à ces demandes.

L’idée de la plateforme est née à la fin de l’année 2010. Quelques mois plus tard, nous lancions un premier site de recrutement afin de constituer un premier microsystème d’auteurs dans les huit langues sur lesquelles nous travaillons. En novembre 2011, nous ouvrions le service aux clients.

La conception du produit TextMaster est un travail de longue haleine. Il doit répondre à des impératifs de stabilité, d’évolutivité ou de fonctionnalité. Aujourd’hui, nous avons une vraie présence en ligne. L’essentiel de nos 4 000 clients font appel à nous pour des besoins en ligne. Mais nous avons également un portefeuille de maisons d’édition et d’entreprises cherchant à s’internationaliser offline. En livrant rapidement des contenus de bonne qualité à un tarif défiant toute concurrence en comparaison avec les agences de traduction classiques, en perfectionnant constamment la plateforme et en faisant travailler les auteurs sur des sujets qui les intéressent (et donc pour lesquels ils sont plus souvent qualifiés), nous nous sommes petit à petit étendus sur Internet.

Comment cette importante levée de fonds a pu se faire ?

Là encore, il s’est agi d’un long travail de fond. Il y a six mois, quand nous avons commencé à voir les fruits de notre travail, que les clients étaient attirés par TextMaster et qu’un chiffre d’affaires significatif était dégagé, nous avons souhaité accélérer le développement de l’entreprise ; le monde du web évoluant très rapidement. Nous ne voulions pas perdre l’avance technologique que nous avions. Cela doit passer par une internationalisation croissante, la multiplication des partenaires (clients comme auteurs) et une communication toujours plus importante. Nous avons donc besoin de plus de moyens.

Nous sommes partis à la recherche d’investisseurs en faisant appel à un leveur de fonds. Par cet intermédiaire, nous avons pu rencontrer une demi-douzaine de personnes intéressées par TextMaster.

Nous nous sommes battus pour défendre notre projet. Nous avons essuyé plusieurs refus qui nous ont permis de nous remettre en question et notre façon de présenter TextMaster : le business-plan était-il adapté ? Notre stratégie internationale correspondait-elle au portefeuille de l’investisseur ? En restant motivés, en étant flexibles et en prenant suffisamment de recul, nous avons pu convaincre.

Mais ces efforts ne sont restés pas vains, loin de là ! Une partie des fonds récoltés va servir à l’amélioration continue du service. Or, cette amélioration requiert des investissements en temps et en ressources importants : nous avons besoin de développeurs, de chefs et de responsables produit…

L’autre objectif que nous allons pouvoir réaliser concerne l’internationalisation. Bien évidemment, TextMaster est déjà une entreprise internationale : je travaille à Hong-Kong, les autres co-fondateurs sont basés à Toulon (Var), Bruxelles et Paris, nous avons des collaborateurs en Espagne, en Allemagne… et notre clientèle est répartie sur cinq continents. Mais nous avons l’ envie de monter notre bureau principal à New York. Cette ville est résolument internationale, elle nous servirait de porte d’entrée au gigantesque marché américain et elle nous permettrait de rester proche de l’Europe, notre marché historique.

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Qu’est-ce que la formation de l’EPITA a pu apporter à l’élaboration de TextMaster ?

Plus que la formation, je pense qu’il s’agit de quelque chose de plus global. L’EPITA ouvre à de très nombreux domaines aussi bien techniques que managériaux. L’atmosphère générale de l’école m’a beaucoup inspiré quand j’ai entrepris TextMaster. Avant d’intégrer l’EPITA, je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer un entrepreneur. A l’école, certains de mes camarades de promotion avaient de petits « business on the side » qui leur permettaient d’entretenir un esprit entrepreneurial. Cette capacité à rendre les élèves prêts aux réalités professionnelles et à les confronter au quotidien de vraies entreprises fait aussi la force de l’EPITA. L’école est un énorme melting-pot où enseignements, vie scolaire et vie associative contribuent à cette émulation.

Le fait d’avoir étudié à l’EPITA m’a montré ce monde que je ne connaissais pas et m’a donné envie d’en faire partie. Ca a été le point de départ vers l’entrepreneuriat. A ma sortie d’école, j’ai occupé des postes motivants mais assez standards (responsable projet, directeur informatique) et au fond de moi, j’avais l’envie d’entreprendre.