Les modules ENAC à l’EPITA

L’enseignement à l’EPITA, ce ne sont pas des cours dispensés devant des amphithéâtres silencieux durant lesquels les étudiants prennent des notes en attendant la sonnerie. Une vraie réflexion a été conduite dans l’équipe pédagogique sur les façons d’avancer efficacement dans sa scolarité, en prenant en compte toutes les dimensions d’un élève.

« Il y a la tête…et il y a les jambes, pourrait résumer Christophe Rouvrais, Directeur du Développement académique et international de l’EPITA.  Spécifique à l’EPITA, le module ENAC (Enseignements Non Académiques) fait partie du cursus. L’objectif est de valoriser des compétences qu’on peut acquérir dans le cadre d’activités diverses afin de les intégrer dans le cursus académique, une demi-journée par semaine.
Quatre grands axes sont offerts aux étudiants pour acquérir leurs points ENAC :
 
 Un axe dédié à la vie associative : on y retrouve des étudiants formés lors d’un cycle spécifique pour des fonctions d’encadrement dans la vie associative (président, trésorier). Ils ont des reportings à faire, ils doivent élaborer des plans de communication, organiser des réunions. Développer et gérer la vie associative sont les bases des qualités attendues chez un manager en relations humaines. Les étudiants ont un rapport d’activité à rendre tous les semestres et ce rapport est noté sur une grille préétablie selon les évènements qu’ils ont mis en place ; Des points leur seront attribués, points qui comptent pour 7% des crédits ECTS du cursus académique (un crédit représente en moyenne 24 heures de travail).

Un axe dédié à la vie sportive/artistique : Un étudiant ne peut pas passer ses journées à plancher sur des travaux pour l’école, il est vital, pour son équilibre, qu’il ait une activité de loisir en parallèle. Cette activité lui confère une vitalité, une dimension de compétition ou de créativité que des cours classiques ne peuvent pas toujours apporter.  Libre à lui de choisir le loisir qui lui plait, que nous intégrons dans la démarche ENAC. Attention, si vous êtes passionné de jeux vidéos, cela ne marchera pas : nous attendons de l’étudiant qu’il s’oxygène ou se socialise, dans le réel, avec de vrais interlocuteurs. Il faut donc que ce soit une activité sportive ou artistique dans un cadre structuré (professionnel ou en association, chez notre partenaire, avec un badge à l’entrée qui nous renseigne sur le nombre d’heures pratiquées). Un certain nombre de points est attribué selon la fréquence et l’activité choisie. Si vous avez badgé huit fois à Forest Hill (avec qui nous avons un partenariat privilégié), nous le savons et cela rentrera en ligne de compte pour la note finale. Notre rôle éducatif est de s’assurer que ces futurs cadres acquièrent un certain équilibre dans leur vie quotidienne tant la charge de travail est élevée à l’école.

Soldier_running_in_water_original.jpgUn axe dédié à la promotion et la répresentation de la structure : l’étudiant participe à des salons, rencontre d’autres étudiants. Il doit être capable de structurer un discours, d’argumenter et de convaincre ses interlocuteurs. Nous valorisons toutes les actions de communication et de représentation de l’école : nous avons soumis l’idée au conseil de perfectionnement qui a soutenu l’idée et nous a même recommandé d’aller plus loin.  Il y a une tendance actuelle à la CTI qu’il y ait une vie étudiante, que cette vie étudiante soit structurée et qu’elle fasse partie du projet pédagogique des écoles.

Dernier point, un axe dédié à un projet entrepreneurial comme la création d’entreprise (Headicap, une clef RFID). Certains étudiants ont la volonté réelle de démarrer leur propre entreprise. Ils sont en moyenne une dizaine par promotion : nous mettons en place une équipe qui les accompagne de l’idée de départ via un business plan, jusqu’à la concrétisation du projet. Nous leur offrons également des ressources humaines, financières, des locaux et nous donnons un coup de pouce via nos contacts (des business angels).

Certains de nos étudiants peuvent également participer à des concours comme Imagine Cup : nous aménageons alors leur temps de travail (une demi-journée par semaine) pour que cette participation fasse partie du module ENAC.

Les étudiants s’approprient rapidement cette demi-journée. Quand c’est bien accompagné, bien expliqué, ils le vivent comme une reconnaissance et une valorisation de leur activité : c’est une majorité de nos étudiants. Pour une minorité qui parfois rechigne à s’impliquer, ces activités servent à mieux les intégrer sur du long terme, dans la réalité. Un informaticien ne doit pas vivre dans un environnement virtuel à temps plein car son travail se fait en équipe, à longueur de journée, l’informaticien en entreprise ne travaille jamais seul.
Il se retrouve avec quinze autres personnes à programmer un logiciel, par exemple : sans communication, sans interaction, sans connaissance des relations humaines et de leur complexité, son travail ne sera pas de qualité. Si on ajoute un client, un chef, des informations à aller chercher pour avancer plus loin encore, des équipes qui attendent son feu vert, il apparaît évident qu’un informaticien reclu ne travaillera pas correctement. L’ENAC veille à ouvrir le futur professionnel sur un monde de travail complexe où l’échange est non seulement nécessaire mais enrichissant pour l’entreprise.

Notre souhait principal est la création d’un esprit de corps, d’un esprit d’école. Pour passer d’une phase d’école d’ingénieur de bonne réputation à une phase de grande école d’ingénieur, il faut bien sûr une formation de qualité et une sélectivité très forte mais également un réseau d’anciens performant. La performance d’un réseau d’anciens vient souvent des activités vécues ensemble lors de la scolarité. Les soirées organisées, les séminaires d’intégration à préparer, les salons, toutes ces activités périscolaires créent du lien qui durera dans le temps. Ils restent en contact longtemps après la remise des diplômes et feront appel aux ressources issues de l’école : un manager qui choisit un ancien de son &eac
ute;cole gagnera du temps dans une équipe car il intégrera plus vite un professionnel qui a la même formation que lui et qui sera effectif plus rapidement. »