« Un modèle alternatif, qui réinvente l’enseignement »

« Un modèle alternatif, qui réinvente l’enseignement »

Claire Lecocq a rejoint l’EPITA à la rentrée 2020. Désormais directrice déléguée de l’EPITA Paris, cette ingénieure de formation et docteure en informatique ne manque pas d’ambition pour les générations actuelles et futures d’EPITéens. 

 

Découvrez l'interview de Claire Lecocq, directrice déléguée de l’EPITA Paris

 

Quelle était votre connaissance de l’EPITA avant votre arrivée au sein de l’école ?

Claire Lecocq : Il y a déjà plusieurs années de cela, l’EPITA était pour moi un écosystème bouillonnant, alternatif et un peu impertinent dans le monde de l’enseignement supérieur, où l’on était justement en train d’inventer – très en avance de phase – de nouvelles façons d’enseigner. Des façons qui semblaient correspondre à une partie des jeunes qui ne se retrouvait déjà pas les systèmes très ou trop traditionnels.

 

Et à présent ?

Je trouve qu’elle est parvenue à concilier un modèle alternatif, qui réinvente l’enseignement, avec les exigences de compétences attendues d’un ingénieur par nos partenaires industriels, dans un monde en transformation profonde. Elle a donc réussi un exercice très compliqué, consistant à conserver tous les avantages d’une nouvelle pédagogie, quelque chose de très agile et de très coopératif, tout en s’adaptant aux standardisations attendues dans la formation des ingénieurs du numérique. Les profils qui sortent de l’EPITA sont capables d’être extrêmement compétents, à la pointe des technologies et en maîtrisant très bien les concepts, ce qui leur garantit une espérance de vie professionnelle épanouie pour leur 40-50 ans de carrière, mais aussi d’agir en tant que managers responsables, en environnement international.

 

Vous êtes vous-même ingénieure – et même docteure – en informatique. Qu’est-ce qui, à l’époque, vous avait donné envie de vous tourner vers ce domaine ?

Avant de parler de ce choix, il faut d’abord se rappeler de ce qu’était cette époque, justement. En tant que femme, j’ai eu la chance d’arriver dans l’informatique juste avant que n’apparaisse ce fameux « blocage », ce tournant qui a fait que de moins en moins de femmes se sont ensuite tournées vers le milieu du numérique. J’ai donc fait partie de cette génération où, nous les jeunes adolescentes, nous découvrions les MO5 et les TO7 aux côtés des garçons, en codant et en s’amusant ensemble, en redéveloppant des Pacman et des Gradius en copiant des lignes de code que l’on récupérait dans les journaux. Il n’y avait alors aucune différence entre les garçons et les filles. C’était vraiment un jeu, quelque chose de très ludique. Une période magique qui coïncidait avec l’arrivée des premiers ordinateurs dans les foyers. Un temps d’effervescence et de fascination un peu comparable à l’arrivée du poste de télévision dans les familles 10 ou 15 ans plus tôt. Bref, après un bac scientifique, j’ai eu l’envie de faire plein de choses – j’ai longtemps pensé à l’architecture par exemple –, mais mon choix s’est surtout porté sur ces métiers que je voyais à la fois comme très logiques, très rassurants, au service de la société, et aussi très amusants. Pour moi, un métier se devait déjà d’être épanouissant. Enfin, je faisais partie de celles et ceux qui savaient que tout restait à faire et à inventer : l’informatique n’en était qu’à ses débuts, mais on sentait déjà que cela pouvait changer le monde.

 

C’est aussi parce que vous sentiez qu’il y avait matière à inventer de nouvelles choses que vous avez souhaité vous orienter dans la recherche ?

Le doctorat, c’est une combinaison de deux envies extrêmement fortes qui m’animaient depuis longtemps. La première envie concerne ma passion de l’enseignement. J’ai toujours adoré transmettre et, lycéenne, je me débrouillais déjà pour donner quelques cours particuliers, pour gagner un peu d’argent certes, mais surtout parce que j’aimais ça. Cette envie d’enseignement est revenue au moment de ma 4e année en école d’ingénieurs. Je me disais alors que le métier d’ingénieur en lui-même n’allait pas totalement me satisfaire, qu’il fallait que j’y associe davantage de sens, que je l’enrichisse pleinement de mes valeurs. La seconde envie tourne d’ailleurs autour de ma vision de l’informatique. Faire du développement pour du développement, cela m’a amusé un temps, mais moi, je voulais surtout faire du développement afin que l’informatique puisse servir l’humanité et permettre la construction d’un autre monde, pour les Hommes et pour la planète. Ce n’est pas un hasard si l’objet de ma thèse en informatique englobait ces deux envies, en portant sur l’idée de pouvoir établir des langages « visuels » pour les systèmes d’information géographiques. Plutôt que d’écrire un code informatique, je voulais qu’on puisse dessiner à la place. Par exemple, une personne souhaitant faire le trajet Paris-Lyon en passant près d’un lac ou en traversant une forêt aurait pu dessiner ses envies afin que l’ordinateur interprète ensuite ce parcours.

 

On n’y est pas encore !

Non, c’est vrai ! Comme quoi, il y a encore tout à faire. Mais mon sujet de thèse démontrait déjà mon intérêt à relier l’humain et l’informatique.

 

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Votre carrière a débuté en tant qu’enseignante-chercheuse à l’Esigetel, puis vous avez gagné en responsabilités au fur et à mesure des années pour devenir directrice adjointe des formations à Télécom SudParis en 2015 avant de rejoindre l’EPITA. Que vous ont apporté ces différentes expériences ?

Dans mon premier « temps » de carrière, j’étais une enseignante-chercheuse un peu atypique, dans le sens où je ne faisais que parler de pédagogie ! Or, parler de pédagogie dans l’enseignement supérieur au millénaire précédent, ce n’était pas forcément bien vu : pour beaucoup, c’était même ridicule et il n’était pas rare de tourner en dérision ceux qui le faisaient. Pourquoi ? Parce que les étudiants étant des adultes, il n’y avait pas lieu de parler de pédagogie. Les étudiants n’avaient qu’à écouter ce que l’on avait à leur dire et à s’adapter à la façon dont on leur disait. Pourtant, moi, je sentais qu’il fallait passer outre ces aprioris, que la pédagogie était un vrai métier. Alors, oui, les enseignants-chercheurs n’y étaient pas formés : on leur demandait de parler devant un amphi, mais on ne leur apprenait pas à concevoir un cours, à l’intégrer dans un programme, à s’exprimer avec les élèves, etc. La recherche, ils maîtrisaient, mais pas l’enseignement ! J’avais donc la volonté en tant que pédagogue d’inventer mon métier d’enseignante. Et même si je n’avais pas un grand écart d’âge avec mes étudiants – j’ai commencé à enseigner à 22 ans –, je sentais bien que les choses étaient en train de changer, que le modèle préconisé par la majorité semblait de plus en plus en décalage avec l’apprentissage. On enseignait, mais les étudiants n’apprenaient plus ! Il fallait changer la pédagogie, mais aussi la surface, les locaux… J’ai donc commencé à changer les choses, en profitant de la liberté permise dans l’enseignement supérieur, tout en restant considérée comme une sorte d’ovni. Puis, à partir de la fin des années 2000, les regards ont changé et ma vision a finalement commencé à être perçue comme une chance pour permettre à l’école de passer le cap de la transformation de la pédagogie, par le numérique, mais pas seulement.

Rejoindre la direction des formations de Télécom SudParis m’a ainsi permis de m’exprimer pleinement et de créer de nombreuses choses, comme un plan de formation massif à destination de tous les enseignants-chercheurs. Pendant cinq ans, nous avons pu les former à la démarche par compétences, mais aussi au questionnement, au théâtre, aux outils numériques– quand est-ce que l’on intègre du numérique ? Et quel numérique ? pour quel dispositif pédagogique ? pour quel objectif d’apprentissage ? – et au plaisir que cela peut procurer. Le but était justement de développer « des envies de pédagogie » et cela a vraiment pris. Au-delà ça, il fallait aussi revoir les surfaces. J’ai par exemple créé un « learning center » dans l’école : un espace de 1 400 m² intégrant une médiathèque, des zones de travail collaboratives, des zones de convivialité, des zones d’innovation pédagogique où l’on changeait le mobilier régulièrement pour voir comment les professeurs et étudiants s’appropriaient l’environnement, etc. Évidemment, en plus de la transformation de la pédagogie du côté enseignant et de la transformation des surfaces, il a aussi fallu transformer la façon d’apprendre des étudiants. Une école d’ingénieurs recrute tout de même des élèves scientifiques, après le bac ou une classe préparatoire. Par définition, ces élèves correspondent au système scolaire. De ce fait, avec cette volonté de transformation qui tend à ne plus vouloir faire des cours uniquement basés sur la transmission, on déstabilise une partie d’entre eux. Et cette conduite du changement ne concerne pas uniquement leur posture d’étudiant, mais aussi leur posture de citoyen. En effet, j’aime à penser que l’école est un « système multi-cœurs ». Les étudiants représentent l’un des cœurs : s’il ne bat pas pleinement, s’ils ne participent pas pleinement à la vie de l’école, alors l’école ne prend pas sa place. Ainsi, à travers des représentants et des groupes de travail, les étudiants ont construit les cours avec les enseignants, établi la stratégie, etc. Ils étaient impliqués et aucun projet majeur de l’école ne se faisait sans eux. Cette capacité à mettre en place un système réellement participatif est l’autre enjeu de la modernisation des écoles.

 

Le but, c’est de ne plus avoir une relation à sens unique enseignant-apprenants.

Oui. Nous sommes une équipe pour qu’ils apprennent. Ce n’est plus l’enseignant qui sait et qui transmet son savoir, mais l’enseignant qui accompagne l’étudiant dans sa construction de savoir. Et de la même façon, il faut aussi inscrire l’administration dans cette démarche : il n’y a pas de direction qui dirige une école, mais un système coconstruit très participatif qui fait vivre l’école.

 

C’est d’autant plus important aujourd’hui, à l’heure où l’on parle de plus en plus d’agilité, de systèmes de management horizontaux, d’approche par projets…

Le monde est en disruption. Par le numérique, on est en train de vivre plus qu’une révolution de nos façons de vivre, de travailler, d’être avec nos proches… De ce fait, nous pouvons adresser ce défi fantastique de faire en sorte que le numérique soit responsable, pour le mettre au service des êtres humains, des entreprises, de la planète. Sans cela, le monde courra à sa perte. Mais ce défi est aussi une opportunité formidable. Et le management va aussi profiter de cette disruption liée au numérique.

 

Que comptez-vous mettre en place à l’EPITA Paris ?

À Télécom SudParis, j’ai dû changer un monde hyper structuré – un monde de polytechniciens, très hiérarchique, très organisé, mais très verrouillé, nourri d’un nombre important de procédures et d’instances. À l’EPITA, l’enjeu est exactement l’inverse : je dois arriver à faire capitaliser l’école sur son trésor – c’est-à-dire toute son énergie créative et l’incroyable adhésion à l’école – pour la transformer afin qu’elle trouve pleinement sa place, tout en y mettant un peu d’ordre, de procédures, de méthodes. C’est cette association qui donnera sa pleine puissance à l’EPITA et qui lui permettra de passer ce fameux cap de croissance. En effet, l’EPITA a déjà réussi à se normaliser pour répondre aux attentes d’une école d’ingénieurs : elle doit continuer cela, tout en évitant d’alourdir sa structure. C’est un exercice subtil.

 

Découvrez l'interview de Claire Lecocq, directrice déléguée de l’EPITA Paris

 

Revenons à la question de la femme : plus tôt, vous disiez appartenir à une génération où l’informatique n’avait pas de sexe d’une certaine façon.

Oui, mais cela a malheureusement changé ensuite, quelques années après. Et si je reste persuadée que l’informatique n’a pas de genre, j’ai constaté avec le recul que son genre par défaut était masculin. Moi par exemple, en tant qu’étudiante puis en tant qu’ingénieure en informatique, je m’habillais comme un homme et me conduisais comme un homme. Au final, je masquais le fait d’être une femme. Cela se faisait de manière inconsciente. Je me suis d’ailleurs rendu compte du problème de genre bien plus tard, aux alentours de 2004, soit 10 ans après le début de ma vie professionnelle, après le recrutement d’une jeune collègue enseignante-chercheuse qui, elle, assumait sa féminité, en mettant des robes, en portant des talons, etc. Or, cette manière d’être a déclenché de nombreuses réactions au sein des équipes, certaines personnes lui reprochant une tenue « trop provocante » et inadéquate « en face de jeunes hommes ». C’est à ce moment-là que j’ai compris que, si tout s’était bien passé pour moi, c’était parce que j’avais « caché » ma part de féminité. Or, pour moi, la tenue doit d’abord être un choix, pas quelque-chose de dicté par autrui. J’ai alors décidé d’assumer vraiment ma féminité, pour défendre le fait qu’une femme puisse aussi être une grande scientifique, enseignante-chercheuse, responsable ou manageuse. Pour autant, même aujourd’hui encore, trop de personnes continuent à commenter la façon dont s’habillent les femmes, de la longueur de la robe à celle des talons, à la quantité de maquillage utilisée… mais on ne fait pas ces remarques aux hommes ! Bref, avec le recul, je me dis qu’à mon adolescence, entre nous, l’informatique était neutre, mais que cela ne devait probablement pas être déjà le cas chez les adultes même si nous en étions alors protégés. De ce fait, à l’insu de notre plein gré, nous les femmes avons intégré ce mécanisme. Il aura fallu attendre les années 2000 et le constat de l’absence de plus en plus flagrant de femmes dans le milieu de l’informatique pour que l’on se pose enfin des questions sur ce qui a pu provoquer cette situation. C’est à ce moment-là que les femmes ont pris conscience qu’il fallait qu’elles défendent leur place, qu’elles comprennent mieux leur rôle et ce qu’elles ont pu cautionner sans le vouloir !

 

Depuis de nombreuses années, l’EPITA s‘engage justement à faire prendre conscience aux jeunes filles, en particulier les lycéennes, qu’elles peuvent s’épanouir dans l’informatique. Est-ce que ce combat pour la mixité fait aussi partie de vos actions ?

Bien sûr. D’ailleurs, une de mes premières actions a été de faire en sorte que, lors de chacun des amphis de cette rentrée 2020, notamment en entrée de Cycle préparatoire et de Cycle ingénieur, soit diffusé une vidéo sur le consentement qui s’appelle la Tasse de thé. Cette vidéo explique très bien que, quand une personne dit non, c’est non, ou que lorsqu’elle dit d’abord oui, puis décide de dire non, c’est toujours non. Une vidéo vraiment extraordinaire. En tant que directrice des formations, j’ai justement dû gérer des cas de violences sexuelles et sexistes, pas tous les jours mais presque. Certains collègues d’autres établissements me disaient « ah, c’est bizarre ce qu’il se passe dans ton école parce que chez moi, ça n’existe pas ». C’est une erreur : « si tu penses que, dans ton école ou ton entreprise, cela n’existe pas, cela signifie simplement que tes étudiants ou tes employés ne te parlent pas ! C’est encore plus grave ! » D’ailleurs, un rapport de l’Observatoire des violences sexuelles et sexistes dans l’enseignement supérieur vient de paraître : il dit qu’une fille sur 20 est victime de viol durant ses études et qu’une fille sur 10 est victime d’agression sexuelle. C’est une catastrophe ! Pour lutter contre ça, il y a, à mon avis, deux grands axes d’action.

 

 

Quels sont ces axes d’actions ?

Le premier, c’est le fait de réaffirmer le respect. Cela commence par soi-même, en prenant conscience de qui l’on est, de nos valeurs et nos limites, comment on garantit son intégrité physique et psychologique. Et si ce n’est pas simple de répondre à ces questions quand on est vraiment adulte, cela l’est encore moins quand on est jeune. Je le dis souvent à mes équipes : nos étudiants sont peut-être majeurs, mais ils ne sont pas encore forcément adultes. Nous devons les accompagner dans leurs études, mais aussi dans cette construction citoyenne, pour qu’ils deviennent des ingénieurs pleinement responsables. Une fois que l’on a répondu à ces questions de respect pour soi-même, on est plus à même de comprendre l’autre et ses propres positions. Le respect est et doit être dans l’ADN des écoles : chacun doit se respecter et respecter l’autre. Et c’est aux directions des écoles de faire respecter cela et d’accompagner, mais aussi de sanctionner. Je suis toujours plus pour la prévention que la sanction, mais il faut aussi savoir sanctionner, d’abord les actes, puis les gens. Dans tous les cas, il faut arrêter cette omerta et ce discours consistant à dire qu’ils ne se passent rien dans les écoles, que ce n’est pas grave. Il faut une parole et des actes beaucoup plus transparents sur ce qu’il se passe. En agissant de la sorte, je suis persuadée que les femmes viendront ensuite plus facilement à l’informatique qui, aujourd’hui, continue de véhiculer des clichés machistes. Le second axe passe par ensuite par la promotion de l’informatique auprès de nos jeunes. Il faut leur dire et surtout leur faire prendre conscience qu’être une femme est une chance dans ce domaine ! D’un côté, il y a énormément d’emplois, aussi bien pour les femmes que les hommes, et de l’autre, les grands acteurs industriels ont aussi compris qu’ils avaient besoin de rééquilibrer leurs effectifs. Cela se traduit par des faits : depuis quelque temps dans les grandes écoles du numérique, on peut observer que les moyennes des salaires de sortie des femmes peuvent être supérieures à celles des hommes, ce qui n’était jamais arrivé les années précédentes !

 

Cette différence de salaire à l’avantage des femmes est d’ailleurs encore assez rare ailleurs…

Oui ! Après, il est vrai que nous n’avons pas encore réglé le problème de l’impact des congés maternité, mais on sent tout même un réel appel d’air. C’est une vraie chance pour les femmes en ce moment sur le marché de l’emploi informatique. À CV égal, peut-être que l’on va maintenant choisir une femme.

 

Les métiers de l’informatique sont vastes et les domaines aussi nombreux que passionnants. À titre personnel, quel est le domaine qui vous intéresse le plus ?

Probablement l’informatique pour la santé. Cela s’inscrit dans ma vision du sens de l’informatique, qui se doit d’être éthique, mais d’un point de vue scientifique, c’est également passionnant à explorer en alliant à la fois des problèmes de traitement d’image et de signal, d’intelligence artificielle, de sécurité – le traitement de l’information des dossiers médicaux est un sujet extrêmement sensible –, de capteurs et de systèmes embarqués, etc. Pour résumer, c’est un domaine d’application dans lequel s’expriment toutes les spécialités de l’EPITA ! Ainsi, que l’on soit expert en robotique ou en cybersécurité, on peut très bien travailler dans la santé. Et si je devais aborder un autre domaine, ce serait sans doute celui de la cybersécurité. Nous vivons dans un monde ultra connecté où l’on ne sait plus vivre sans numérique – heureusement d’ailleurs que le numérique était là pendant le confinement. Or, cette approche du monde le rend aussi très vulnérable : par les réseaux et les systèmes, on peut écrouler des entreprises systémiques de la France. Avoir des experts cyber en France est donc un véritable enjeu de sécurité nationale ! C’est un métier là encore porteur de sens.

 

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L’informatique, un secteur immunisé contre la crise ?