Le labo de l’EPITA dans la cour des grands

Le Laboratoire de recherche et développement de l’EPITA (LRDE) vient de rejoindre l’école doctorale informatique, télécommunications et électronique (EDITE) qui regroupe l’UPMC, Telecom ParisTech, le CNAM ou encore l’INRIA. Comme l’explique Olivier Ricou, responsable du LRDE, cela permet désormais au laboratoire d’encadrer seul ses doctorants et de mettre en place des bourses Conventions Industrielles de Formation par la Recherche (CIFRE) impliquant directement les entreprises intéressées.


Le LRDE a rejoint l’EDITE. C’est une fierté ?
Rejoindre l’EDITE est le signe de la confiance que nous font nos partenaires en considérant le LRDE digne d’encadrer des thèses ! Au niveau de l’école, c’est la suite logique à l’habilitation décernée par la Commission des Titres d’Ingénieurs (CTI). Depuis un peu plus de 10 ans maintenant, l’EPITA met tout en œuvre pour avoir un laboratoire de recherche très performant. Et lorsque l’on développe la qualité de la recherche, vient un moment où l’on rejoint les standards des autres écoles et universités. Cette habilitation de l’EDITE récompense la qualité de notre travail.

Qu’est-ce que cela change concrètement ?
Pour encadrer un doctorant, il faut que son directeur de thèse appartienne à une école doctorale. Et comme l’EPITA n’était pas rattachée à une école doctorale jusque-là, le directeur de thèse était toujours quelqu’un issu d’une autre école ou université quand, en parallèle, le membre du LRDE était toujours co-directeur de la thèse. En fait, il y a deux grades d’encadrement au niveau académique : il y a le grade maître de conférences et le grade professeur. Pour devenir professeur, il faut passer ce qu’on appelle l’Habilitation à diriger des recherches (HDR). Or, pour passer le HDR, il faut avoir encadré des doctorants… mais pour avoir l’autorisation légale d’encadrer un doctorant, il faut être professeur ! La solution usuelle consiste à avoir deux personnes : un encadrant légal – le professeur – et un encadrant pratique, issu du LRDE dans notre cas. Avec notre arrivée au sein de l’EDITE, cela change tout : nous pouvons maintenant être l’encadrant légal de nos doctorants sans demander à quelqu’un d’autre de le devenir. Nous pouvons le faire tout seul !

«  Être en relation avec d’autres universités et écoles permet aussi à la recherche d’avancer »

L’organisation va donc être simplifiée ?
Oui, cela simplifie les choses même si ce n’est pas mal d’avoir un co-encadrement pour établir des ponts ! Être en relation avec d’autres universités et écoles permet aussi à la recherche d’avancer et c’est cela qui fait que l’EPITA soit reconnue. Le fait de rejoindre l’EDITE nous ouvre aussi une nouvelle porte : celle des bourses Conventions Industrielles de Formation par la Recherche (CIFRE). Il s’agit d’un contrat à trois avec une entreprise, une école – ou université – et un doctorant. Cela ne peut pas se faire tant que le partenaire académique ne fait pas partie d’une école doctorale.

Cela veut dire que le LRDE va pouvoir mener de nouveaux projets ?
Exactement. Nous allons maintenant pouvoir proposer à des industriels de financer des thèses dans les sujets du LRDE qui les intéressent. Cela nous rapprochera et, j’espère, mènera à des collaborations industrielles sur des sujets innovants.

Ces nouveaux projets sont-ils déjà lancés ?
Non, car nous avons rejoint l’EDITE très récemment. Par contre, nous avions déjà des industriels qui étaient intéressés et nous avaient dit qu’ils seraient ravis d’avoir nos doctorants avec eux. Il y a notamment l’entreprise Morpho, leader sur le marché des solutions de sécurité. Maintenant que nous pouvons le faire légalement, cela va être intéressant de travailler là-dessus.