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Green IT 2012 : les softwares se mettent au vert

Cette année, la conférence Green IT organisée par l’EPITA s’est intéressée à l’éco-conception logicielle. Alors que le matériel informatique devient plus performant et plus écologique, les logiciels sont paradoxalement de plus en plus gourmands en ressources, augmentant leur empreinte écologique. Quels enjeux y’a-t-il à développer des logiciels moins lourds ? Comment y parvenir ? Autant de problématiques passées en revue lors de la conférence qui s’est tenue à l’EPITA, le 25 octobre.

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Frédéric Bordage et Joël Courtois, directeur de l’EPITA

Etat des lieux

Frédéric Bordage, expert en Green IT et animateur des débats, a d’abord pris la parole pour dresser un premier bilan des enjeux du développement d’éco-logiciels. Il a ainsi souligné le paradoxe entre la loi de Koomey qui déclare que la quantité d’énergie nécessaire à faire fonctionner les machines diminue de moitié tous les deux ans et la loi de Wirth qui établit que le logiciel ralenti plus vite que le matériel n’accélère. Mais ce processus n’est pas une fatalité : en développant intelligemment les logiciels, avec l’idée de trouver l’équilibre entre niveau de performance à atteindre et ressources nécessaires à son fonctionnement. IBM, Microsoft, Facebook… sont autant d’entreprises ayant fait des économies significatives en mettant en place des systèmes d’éco-conception.

Quel cycle de vie pour un logiciel éco-conçu ?

Pour être efficace, l’éco-conception doit porter sur toutes les phases du cycle de vie du logiciel. Erwan Bouvier, co-fondateur et responsable technique de Blueight, est revenu sur ces différentes étapes, de la conception à la fin de vie. Première phase, la conception fonctionnelle et technique est aussi la plus importante. L’ingénieur doit alors définir au mieux les fonctionnalités à intégrer dans le développement de l’application, et les choix techniques à faire. Il doit alors réutiliser au maximum les ressources existantes (afin d’éviter les redondances), optimiser les nouvelles et définir des solutions durables. Dans la phase de développement, le développeur réduira ses besoins en ressources et mettra en place des méthodologies afin de pérenniser son travail. Lors de la phase d’utilisation, l’utilisateur devra respecter la logique du logiciel en utilisant l’ensemble de ses capacités (à ce jour, environ 45 % des possibilités offertes par les logiciels ne sont pas utilisées par les usagers). En parallèle, les développeurs chargés de le mettre à jour continueront d’adopter les comportements de la phase de développement. Et en fin de vie, l’attention doit être portée à ce que l’arrêt de l’application soit définitif (suppression des serveurs pour gagner de l’espace) et que le matériel et les infrastructures techniques soient réutilisés.

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Erwan Bouvier

Le Projet Code Vert

Thierry Leboucq, fondateur de KaliTerre, s’est associé avec le Green Code Lab, il a monté le Projet Code Vert qui a pour but de recenser et valider les bonnes pratiques en éco-conception. Pour ce faire, l’application « Green Pattern » a été développée : prenant en compte une douzaine de règles à mesurer (sur environ 200), elle vérifie la qualité du code d’un logiciel donné et lui attribue une note. En fonction de ce résultat, les applications peuvent être remaniées afin de les rendre plus écologiques et rapides.

Quel nouveau management ?

Pierre Carrio et Yann Azoury de BeVeod se sont penchés sur la question des hommes et des compétences. La multiplication des compétences nécessaires liée à la multitude de langages informatiques a impliqué une multiplication des serveurs dédiés. Cette surenchère de besoins a conduit à un ralentissement et à une certaine rigidité de la chaîne de développement. Grâce à FaVeod, l’outil de création d’applications de BeVeod, l’écriture du code et sa maintenance sont automatisées, les besoins matériels sont donc beaucoup plus légers, impactant beaucoup moins sur l’empreinte écologique de l’entreprise. Les développeurs ont ainsi du temps pour créer de nouveaux algorithmes, donc de la valeur ajoutée.

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Pierre Carrio et Yann Azoury

Quel marché pour l’éco-conception ?

La journée s’est conclue par une table-ronde portant sur les débouchés de l’éco-conception. Pratique émergeante, tous les participants ont reconnu que les clients étaient pour l’instant peu nombreux, d’autant plus que la perte de maîtrise sur le processus de développement ne plaît pas forcément. Cependant elle commence à intéresser en permettant notamment aux entreprises de se différencier sur le marché. Par ailleurs, s’il n’existe encore pas de réglementation forte en faveur d’une éco-conception logicielle, des textes sont en cours d’écriture pour inciter les entreprises à s’y mettre.

Enfin, chaque intervenant a insisté sur un point primordial de l’éco-conception : réfléchir sérieusement au cahier des charges avant de se lancer dans le développement à proprement parler ; mesurer pour agir et se mettre à la place de l’usager (en utilisant du matériel considéré comme obsolète, par exemple) ; lutter contre l’obsolescence programmée et remettre l’ingénierie au cœur du développement. Et tous les participants de conclure que l’éco-conception logicielle constituait une voie d’avenir.


Green IT est le rendez-vous annuel de l’EPITA qui mêle développement durable et informatique. Après s’être penché tour à tour sur le matériel informatique vert, les logiciels d’assistance au développement durable et les comportements à avoir dans utilisation éco-responsable des TIC, le séminaire s’est intéressé cette année au software. Animées par Frédéric Bordage, expert en Green IT, les conférences réunissent des spécialistes du domaine qui partagent leurs connaissances avec les étudiants.

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