Enseigner à New York après cinq années à l’EPITA

Steven Gabarro, 30 ans, est né en Espagne de parents franco-britanniques. Il a appris notre langue sur place au lycée français, avant de poursuivre sa scolarité à Paris à l’EPITA (promo MMA 2002, mention très bien). De son bureau il voit les tours de Manhattan chaque matin et il ne s’en lasse pas. Retour sur un parcours atypique, ou quand sortir ingénieur de l’EPITA vous pousse un jour à demander une carte de séjour permanent sur le sol américain…

Steven : « J’ai profité d’un des nombreux stages à l’étranger offerts par l’école et je n’ai pas hésité longuement. J’ai choisi de faire un master aux USA, via le programme d’échange entre Epita et le Stevens Institute Of Technology. A l’issue de mon stage, j’ai été recruté comme assistant à temps partiel puis à temps complet une fois diplômé. Je suis depuis devenu professeur au Stevens (localisé à Hoboken) et j’enseigne sur le campus la programmation système en C-unix,  les cours de structures de données en Java, la programmation Web, etc.

Je travaille et pense en anglais toute la journée mais je n’oublie pas mes années d’étudiant car il y a énormément de « culture EPITA » sur place suite au programme d’échange. Nous nous retrouvons  d’ailleurs régulièrement tous ensemble via une mailing list pour des soirées sympas.

La vie aux USA est très plaisante, surtout en tant qu’enseignant : j’ai un bon emploi du temps, des vacances dont je peux profiter et je réside dans une ville agréable, jeune, étudiante, si plaisante que les prix s’envolent car beaucoup de New-Yorkais veulent traverser la baie pour s’installer ici.

 epita-new-york.pngJe ne me vois pas revenir en France dans un futur proche et je fais tout ce que je peux pour obtenir la fameuse Green Card : il ne me resterait qu’une année sur place si je ne l’obtenais pas. Il est possible de l’obtenir via son employeur ou par son propre mérite (l’évaluation du dossier se base alors sur les compétences professionnelles et la motivation du candidat).

Je vois au quotidien ce que je retire de mes années d’étude à l’EPITA : une faculté d’apprendre sans crainte. Je n’ai jamais peur devant un nouveau projet car je sais que j’en suis capable. EPITA m’a appris à m’adapter facilement, à vite appréhender les propriétés d’une application ou d’un langage.

Polyvalence, rapidité : je suis sorti ultra préparé de l’école et je n’éprouve pas de réelle difficulté lorsqu’on me propose d’enseigner une nouvelle matière… Le niveau à EPITA est si élevé (mais vraiment, vraiment élevé, je ne le dis pas pour lancer des fleurs) que c’est une partie de plaisir d’enseigner ensuite des cours beaucoup plus basiques : cela me demande un effort réel de vulgariser ce que j’ai appris.

J’ai d’ailleurs tendance à me souvenir de mes années d’étudiant pour orienter mes cours de systèmes de la façon la plus motivante qui soit à travers les projets que je propose aux élèves ».