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Le vote électronique : un défi à la croisée de la science et de la société 

Professeur au Laboratoire de Recherche de l’EPITA et spécialiste des méthodes formelles, Riadh Robbana consacre ses travaux à la sécurité des systèmes numériques. De la vérification mathématique des programmes aux protocoles cryptographiques, ses recherches l’ont progressivement conduit à s’intéresser à un domaine particulièrement sensible : le vote électronique. 

Un parcours international

Ingénieur en informatique, Riadh Robbana a construit son parcours autour de la recherche académique et de la sécurité informatique. Après des études en informatique, il réalise une thèse au sein du laboratoire Verimag à Grenoble en France, spécialisé dans les méthodes formelles. 

Ces méthodes constituent un domaine clé de l’informatique théorique et appliquée. Elles permettent de démontrer mathématiquement qu’un système informatique fonctionne correctement, c’est-à-dire que sa conception est valide par rapport à sa spécification de départ. 

Durant sa thèse, Riadh Robbana travaille sous la direction d’Ahmed Bouajjani, Professeur à l’Université Paris Diderot et membre de l’Institut Universitaire de France, au sein d’un environnement scientifique dirigé par Joseph Sifakis, lauréat du prix Turing, prix souvent considéré comme l’équivalent du prix Nobel en informatique. Cette formation dans un laboratoire de référence marque durablement son approche scientifique. 

Il effectue en 2000 un séjour de recherche aux États-Unis en tant que International Fellow au Stanford Research Institute (SRI), l’un des laboratoires les plus prestigieux dans le domaine de la recherche en informatique et technologies avancées. 

De retour en Tunisie, il devient professeur et occupe plusieurs postes à responsabilités académiques. Il est notamment directeur des études, responsable des stages et directeur adjoint de l’École polytechnique de Tunisie. Il a également fait partie du jury mondial de la compétition Imagine Cup. Parallèlement, il intervient comme expert pour la Commission des Titres d’Ingénieur. 

Des méthodes formelles à la sécurité informatique 

Au fil de ses recherches, Riadh Robbana se spécialise en sécurité informatique. Les méthodes formelles, qu’il maîtrise, deviennent alors un outil particulièrement précieux pour analyser et vérifier les protocoles cryptographiques. 

Ces protocoles sont au cœur de la sécurité numérique moderne. Ils permettent notamment de protéger les communications sur Internet, d’assurer l’authentification des utilisateurs ou de garantir la confidentialité des données.  

Dans ce domaine, la rigueur mathématique est essentielle. Un protocole cryptographique doit satisfaire un ensemble de propriétés très strictes : garantir que seules les personnes autorisées peuvent accéder à certaines informations, empêcher toute falsification des données ou encore vérifier l’identité des participants à une communication. 

Les méthodes formelles permettent d’analyser ces protocoles afin de prouver qu’ils résistent aux attaques potentielles. Elles sont particulièrement importantes dans les systèmes où les enjeux sont élevés, notamment dans les applications critiques ou les applications liées aux processus électoraux.  

C’est précisément cette expertise qui conduit Riadh à s’intéresser à un domaine spécifique de la cybersécurité : le vote électronique. 

Le vote électronique, un système complexe à sécuriser 

Le vote électronique représente un défi majeur pour les chercheurs en sécurité informatique. Riadh Robbana a participé à plusieurs projets portant sur la conception et la vérification de systèmes de vote numérique. 

« J’ai participé à la conception d’un certain nombre de protocoles de vote électronique, de leur vérification formelle à leur implémentation », explique-t-il. 

Mais la sécurisation de ces systèmes est loin d’être simple. Le chercheur insiste sur la complexité intrinsèque du domaine, et cela pour plusieurs raisons. 

La première difficulté réside dans la complexité des propriétés qu’un système de vote doit garantir. Contrairement à d’autres systèmes informatiques, un vote électronique doit simultanément assurer : l’anonymat du vote, l’intégrité du résultat, la vérifiabilité du processus permettant à tout participant de s’assurer que son vote a été bien comptabilisé, l’impossibilité pour un électeur de prouver à quelqu’un d’autre quel a été son vote, appelé le sans-reçu, et la résistance à la coercition exprimant qu’un votant ne vote pas sous pression. 

Afin d’atteindre ces objectifs, les systèmes de vote sont complexes. 

« Nous n’avons pas un seul protocole cryptographique qui est mis en jeu, mais un certain nombre de protocoles au sein du protocole de vote »

Riadh Robbana

Cette multiplicité rend la conception particulièrement difficile. « On utilise beaucoup de protocoles cryptographiques sous-jacents, chacun essayant de garantir certaines propriétés », précise-t-il. 

Mais l’enjeu ne se limite pas à la conception de ces mécanismes. Leur interaction doit également être vérifiée avec précision. « L’interaction entre ces différents protocoles cryptographiques rend l’ensemble du système encore plus complexe pour garantir les propriétés qui sont requises au niveau du vote et pour les vérifier formellement », ajoute-t-il. 

Les méthodes formelles occupent une place centrale dans l’analyse rigoureuse des systèmes de vote et la détection précoce de leurs faiblesses. Le vote électronique demeure donc un champ de recherche majeur à la croisée de l’informatique, de la cryptographie et des enjeux sociétaux. 


Ce schéma a été réalisé avec l’aide de l’IA

Ce schéma présente un système de vote électronique sécurisé basé sur la blockchain. L’électeur s’enregistre auprès d’un agent, puis vote sur un dispositif qui chiffre et anonymise son bulletin tout en générant une preuve de validité. Il reçoit un reçu vérifiable lui permettant de contrôler que son vote a bien été enregistré, sans révéler son choix. Le bulletin chiffré est envoyé vers l’urne électronique, dont l’intégrité est garantie par la blockchain via un lien sécurisé. Une urne physique peut compléter le dispositif comme ancrage de confiance. L’autorité électorale supervise l’ensemble, valide les opérations critiques et publie les données vérifiées sur un tableau d’affichage électronique pour une transparence totale.

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