Skip to content
VENEZ NOUS RENCONTRER
Le 07 Mar à partir de 09:30 à Strasbourg

Le 07 Mar à partir de 10:00 à Paris

Le 07 Mar à partir de 10:00 à Lyon

Le 07 Mar à partir de 10:00 à Toulouse

Le 07 Mar à partir de 10:00 à Rennes

VENEZ NOUS RENCONTRER
Le 07 Mar à partir de 09:30 à Strasbourg

Le 07 Mar à partir de 10:00 à Paris

Le 07 Mar à partir de 10:00 à Lyon

Le 07 Mar à partir de 10:00 à Toulouse

Le 07 Mar à partir de 10:00 à Rennes

Former des ingénieurs responsables : le chantier ambitieux porté par Hugo Paris

Hugo Paris s’attache à une question devenue centrale : former des ingénieurs capables d’intégrer les enjeux sociaux, environnementaux et culturels à leur pratique. De son parcours entre architecture et ingénierie à ses travaux sur l’évolution des formations, il analyse les conditions nécessaires pour transformer l’enseignement, notamment dans le numérique. À l’EPITA, il accompagne enseignants et étudiantes et étudiants pour développer une approche plus responsable, réflexive et inclusive de l’ingénierie.

D’un double cursus architecte ingénieur à la recherche en éducation

Le parcours de Hugo Paris commence loin du numérique. Formé à la fois comme architecte et ingénieur, il découvre très tôt l’écart culturel entre deux mondes qui se parlent peu : « L’architecte est lié aux sciences humaines et sociales et au monde de la culture, l’ingénieur aux sciences “dures”. Ces deux volets ne se mélangent pas beaucoup en France. » Cette tension nourrit ses premières réflexions sur la pédagogie et l’éducation.

Alors qu’il termine son cursus, le contexte social et environnemental évolue rapidement. L’émergence de figures comme Greta Thunberg, les travaux du Shift Project ou encore les interpellations adressées aux écoles d’ingénieurs jouent un rôle déclencheur. À l’INSA Lyon, où il étudie, la mobilisation de 2019 marque un tournant. « Une grève étudiante, ce n’était pas arrivée depuis très longtemps, avec des étudiantes et étudiants qui ne vont pas en cours pour demander des comptes sur leur formation aux questions écologiques. »

Cette effervescence ouvre une opportunité unique : intégrer un projet de recherche consacré à la transformation des formations d’ingénieurs. Hugo débute alors une thèse en sciences de l’éducation, centrée sur l’accompagnement des enseignants dans l’intégration des enjeux socio-écologiques. « Ma focale était : comment aider les enseignantes et enseignants à s’emparer de ces sujets si importants, et quelles sont les difficultés auxquelles ils sont confrontés ? »

Pendant quatre ans, il observe les résistances, les contraintes institutionnelles, mais aussi l’envie d’agir. Les freins ne sont pas seulement culturels et sont souvent très pragmatiques : « Consacrer des heures à ces sujets, cela veut dire en enlever ailleurs. Et dans l’enseignement supérieur, il y a un lien très fort entre enseignement et recherche, ce qui crée parfois des rapports de force. » Pour étudier au plus près la mise en œuvre de ces nouveaux enseignements sur les enjeux socio-écologiques, Hugo expérimente un dispositif d’accompagnement avec une équipe pédagogique mixte entre sciences de l’ingénieur et sciences humaines et sociales. Cette démarche de recherche-action a permis à la fois de former les enseignants, de faciliter la coopération interdisciplinaire et de concevoir une séquence pédagogique.

Hugo Paris, sur le campus de l’EPITA Lyon

Intégrer les enjeux socio-écologiques dans les formations : un défi pour le numérique

À l’issue de sa thèse et d’un an de post-doc sur ce projet, Hugo intègre l’EPITA avec comme objectif d’accélérer la prise en compte des questions sociétales et environnementales dans une école historiquement centrée sur le code et l’ingénierie informatique.

Une mission d’autant plus nouvelle que, dans le secteur numérique, la tendance reste souvent à se considérer avant tout comme un apporteur de solutions, davantage que comme un domaine susceptible de générer ses propres impacts et ses propres problèmes. « Dans la recherche en informatique, la priorité reste souvent l’optimisation de l’existant, pas forcément un questionnement sur “à quoi cela sert ?”. »

Les attentes côté étudiantes et étudiants, elles, sont loin d’être homogènes : « Il y en a que cela passionne déjà, d’autres pas du tout. Certains sont venus juste pour apprendre à coder. », constate Hugo.

D’où l’importance de combiner culture générale, applications pratiques et transformation progressive de la pédagogie. Les méthodes issues de l’éthique du numérique, comme l’« ethics by design », constituent des pistes.

On se dote de processus pour intégrer ces questionnements-là dans les projets, jusque dans le code et l’application.

Hugo Paris

L’EPITA explore déjà plusieurs leviers : fresques du climat, ateliers pour les étudiantes et étudiants en cycle préparatoire, formations du laboratoire d’innovation pédagogique de l’EPITA, le Teaching Lab, ou encore l’accompagnement des responsables de majeures et des enseignants. Au global, cette démarche implique également l’ensemble du comité de Direction. L’objectif est ainsi de structurer une dynamique cohérente qui ne repose pas seulement sur la bonne volonté individuelle.

Une transformation plus large de l’ingénierie

Pour Hugo Paris, ce mouvement dépasse largement la transition écologique. Il participe d’une réflexion globale sur le rôle social des ingénieurs et sur les identités professionnelles. Il travaille aussi sur les effets des identités de genre sur les pratiques d’ingénierie, un domaine historiquement, et encore aujourd’hui, très masculin.

L’angle qu’il adopte dans ses recherches, aux côtés de membres du collectif EPSI (Études Pluridisciplinaires Sur l’Ingénierie), est encore peu exploré en France. Il interroge la manière dont la culture des écoles contribue aux choix d’orientation, aux exclusions implicites et à la faible diversité des promotions. « Le manque de diversité dans les cursus d’ingénierie est un phénomène international. Les personnes qui ne collent pas au stéréotype homme-hétérosexuel-issu de classe moyenne-supérieure choisissent très peu ce type d’études. » Selon lui, renforcer la responsabilité sociale des ingénieurs pourrait contribuer à attirer des profils plus variés, moins motivés par la technique pour la technique mais sensibles aux enjeux sociétaux.

À l’EPITA, cette prise de recul pourrait aller jusqu’à questionner l’hégémonie de la solution numérique elle-même : « Peut-être que la solution au problème du client n’est pas numérique… Avoir des ingénieurs capables de prendre ce recul-là et par exemple de proposer des solutions organisationnelles, serait cohérent avec des ressources numériques qui seront plus contraintes à l’avenir. »

Retour en haut de page